Elle se dit à par soi.
Une autre trace de cet emploi subsista longtemps dans les petites écoles où les enfants apprennent à épeler, et subsiste probablement encore au fond de quelque hameau soustrait par sa misère à l'influence de l'enseignement renouvelé. Là, on dit, A par soi, A;—E, par soi, E.—C'est-à-dire que cette voyelle, prise isolément de toute combinaison, sonne A, E. Molière nous en a laissé un curieux exemple dans les Amants magnifiques. Clitidas prétend avoir le talent de lire dans les yeux des amoureux le nom de l'objet aimé. Il dit au prince Sostrate, secrètement épris de la princesse Ériphile:—«Tenez-vous un peu, et ouvrez les yeux: E par soi, é;—r, i, ri; Éri.» C'est-à-dire, E tout seul, é.
(Act. I, sc. 1.)
L'adverbe à part n'est qu'une forme elliptique de à par, en sous-entendant le pronom complémentaire indiqué par le reste de la phrase:
Quant au pauvre frère Girard,
Il avait eu son fait à part…
(LA FONTAINE, les Cordeliers de Catalogne.)
A par lui, à lui tout seul. La Fontaine fait entendre qu'on l'avait poignardé, tandis qu'on brûlait les autres dans la grange du bourgeois.
L'on devrait donc écrire le mot par sans t;—part, partie, n'a rien de commun avec cette expression, qui descend directement du latin per, joint à un pronom. Le frère Girard avait eu son fait per se.
A propos de per se, je remarquerai que le Complément du Dictionnaire de l'Académie a tort d'écrire un as percé à la bouillotte; c'est un as per se, un as tout seul et non accompagné, un as tout par lui.