Le père Bouhours n'est pas un écrivain qui brille par la force ni même par la justesse de la pensée, mais on peut le citer quand il s'agit d'élégance et de correction:

«La langue française, dit-il, n'affecte jamais rien; et si elle était capable d'affecter quelque chose, ce serait un peu de négligence, mais une négligence de la nature de celle qui sied aux personnes propres, et qui les pare quelquefois davantage que ne font les pierreries et tous les autres ajustements.»

(Ariste et Eugène, 2e Entretien.)

«Je ne sache rien qui dégoûte davantage les personnes raisonnables que le jargon de certaines femmes.»

(Ibidem.)

Et ce n'est point de sa part inadvertance; dans ses Remarques, il analyse cette locution, et voici ce qu'il en dit:—«Quand davantage est éloigné du que, il a bonne grâce au milieu du discours; par exemple: Il n'y a rien qu'il faille davantage éviter, en écrivant, que les équivoques.»

Le XVIIIe siècle employait encore davantage que:

«Une tuile qui tombe d'un toit peut nous blesser davantage, mais ne nous navre pas tant que une pierre lancée à dessein par une main malveillante.»

(J. J. ROUSSEAU, 8e Promenade.)