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Et lorsque d'en mieux faire on n'a pas le bonheur,
On ne doit de rimer avoir aucune envie,
Qu'on n'y soit condamné sur peine de la vie.
(Le Misanthrope, act. IV, sc. 1.)
Mais, par compensation de cette excellente forme omise, le même dictionnaire autorise au mot sous cette locution détestable: Sous un rapport, sous le rapport de…, dont vous ne trouverez pas un seul exemple dans les écrivains du bon temps. Jusqu'au XIXe siècle, on n'avait jamais ouï parler de quoi que ce fût sous un rapport quelconque. Port-Royal avait bien dit que toutes nos actions «doivent être faites par rapport à Dieu;» mais de nos jours seulement on a pu nous assurer «qu'un des meilleurs moyens pour que le public croie voir les aspects qu'on lui décrit, c'est de les comparer entre eux sous le rapport de la couleur et de la forme.» (Rem. sur la composition littéraire, II, p. 435.) Et que, «depuis le siècle de François Ier, nous sommes fort appauvris sous ce rapport.» (Sous le rapport des vocables.) (Ibid., p. 255.) Que, «sous le rapport de la période travaillée, personne ne s'avisera de préférer les vaudevillistes du jour à Molière ou à Regnard.» (Ibid., p. 466.) «Que les romans de madame Radcliffe, de Mathurin, de Lewis, sont plus attachants, sous un certain rapport, que le Lutrin.» (Ibid., p. 593.) L'auteur montre cependant partout une rigueur extrême contre les vocables néologiques; mais on lui souhaiterait un peu plus d'indulgence pour Voltaire, et moins d'empressement à le condamner sous le rapport du style.
TRÈS, en composition.
Je ne sais d'où peut venir très; mais il date de l'origine de la langue, et dès lors il se joignait à toute sorte de mots, adjectifs, substantifs ou verbes, pour leur communiquer une valeur superlative. Trestous exprime plus absolument que tous:
Tenez, bel sire, dist Rolland a son uncle,
De trestuz reis vus present les corunes.