Nos pères avaient grand soin d'appuyer fortement les terminaisons de leurs mots. Ils écrivaient sanc par un c, et nous disons encore du sanc humain, quoique nous écrivions sang avec un g, à cause de sanguis. Devant une liquide le g reparaissait: sanglant, sanglot.

Mais, suivi d'une consonne plus forte que lui, il la laisse prévaloir. Ainsi dans Magdelaine il s'efface devant le d.

H.

L'h ne termine aucun mot dans notre langue; mais puisque l'occasion se présente d'en dire quelque chose, nous ne la laisserons pas échapper.

C'était, chez les Grecs, un signe d'aspiration; elle ne paraît pas avoir joué ce rôle chez les Latins, qui l'ont reproduite plutôt comme indication étymologique et par imitation. Les Italiens modernes, après l'avoir employée, l'ont bannie de leur langue.

L'emploi le plus clair de l'h dans notre vieille langue, c'est d'avoir marqué la diérèse. Elle servait à empêcher la fusion de deux voyelles en une diphtongue. Par exemple, Loherain; Loheraine.

Loherane ont et Ardane escillie.

(Ogier, v. 10784.)

Mes sires est li Loherains Garin.

(Garin, II, p. 270.)