Ne sai trois escurex ou quatre.

Escureux. Le même mot se trouve écrit escureax, pour le besoin de la rime, dans la description de ce surcot:

Li surcoz fu toz a porfil

Forrez de menuz escureax.

Mult soloit estre gens et beax

Escureaux rime avec beaux.

«Le surcot était sur tous les bords fourré de fins écureuils. Le jeune homme était ordinairement gentil et beau.»

Peu à peu s'établit l'usage de figurer l'u dans ces diphthongues; mais cet usage ne bannit pas celui de terminer le mot par x. L'x conserva une place désormais sans fonctions[20].

[20] Il est superflu d'expliquer sa présence dans les finales où l'étymologie latine le justifie: croix, poix, noix, six, paix, etc.—Il se trouve dans prix, deux, dix, par un hasard d'imitation que l'usage a consacré. Ménage veut que ce soit pour distinguer le substantif prix du participe de prendre, et le nom de nombre dix, de tu dis, etc. En général, ce motif, tiré de la nécessité de distinguer, me paraît une misérable subtilité de grammairien aux abois. De quoi voulait-on distinguer deux? L'x y est venu comme consonne euphonique, puisque la forme primitive était dou, de duo. Dou, dui, c'est comme parlent toujours le Livre des Rois, S. Bernard, et la chanson de Roland.

Ménage raconte que Louis XIV, ayant un jour demandé d'où venait cet x final dans les pluriels où l's semblait plus naturellement appelée, personne ne put le lui dire. Cette question avait déjà occupé les grammairiens. Jacques Pelletier, du Mans, l'a traitée et résolue à sa manière dans son dialogue de l'orthographe. C'est, dit-il, que les Français, écrivant trop vite et lisant de même, sont sujets à confondre les lettres; et, pour prévenir les effets de cette rapidité, ils ont imaginé d'employer des caractères de diverse figure. Par exemple, ils ont écrit le nombre deux par un x, afin qu'on ne pût lire dens. Il serait si facile, en effet, de prendre l'un pour l'autre! Voilà où en viennent tous ceux qui ne voient que la langue écrite. Cette habile explication de Pelletier a été recueillie précieusement par Théodore de Bèze; Ménage ose douter qu'elle soit la bonne.