Toutes les éditions portent mal à propos à savoir en deux mots. Il ne faut point d’à; c’est l’ancien infinitif assavoir. L’usage permet aussi bien de dire: savoir, deux musettes, non qu’alors on supprime l’à, mais on substitue à l’ancienne forme la nouvelle. Faire à savoir n’a point de sens.
Dans l’origine, l’a était employé comme affixe au-devant de certains verbes: asavoir, alogier, apetisser, asasier, alentir, etc.; on ne sait pourquoi les trois derniers ont pris l’r: rapetisser, rassasier, ralentir:
«Dame, je vos fais asavoir
«Que j’ai esté et main et soir
«Vos homs, vo serfs, vo chevaliers.»
(Roman de Coucy.)
«Israel se fud alogied sur une fontaine.»
(Rois, p. 112.)
Se logea sur une fontaine.
«Li sages est cil qui met en bones gens ce qu’il pot soufrir, sans apetisser et sans acquerre malvaisement.»