Ainsi est-il, je m’en fais forte,
De ce drap vous l’avez happé
Par blasonner, et attrapé.
(Pathelin.)
«Nous nous faisons fortes pour luy.»
(Petit Jehan de Saintré.)
Les exemples cités par M. Guessard lui-même confirment la règle que j’ai posée, et qui reste debout, quoique M. Guessard ait affirmé, au début de sa diatribe, que pas une de ces règles ne pourrait lui résister.—«D’une fort fievre dont il avoit esté menacé.» (Recueil des histor. de France, III, 284.)—«Deux citez des plus forz de soz le ciel.» (Villehardouin)[99].
M. Guessard propose donc ici une fausse application du principe, et réclame comme à faire ce que j’ai fait et au delà. Je ne puis supposer qu’il n’ait pas lu mon livre; par conséquent il n’ignorait pas la distinction que j’ai établie; puisqu’il ne la combat pas, il l’admet: alors que signifient et l’étonnement qu’il affecte, et sa manière de résoudre la difficulté par une erreur?
Ce passage n’est pas le seul qui réduisît M. Guessard à l’alternative fâcheuse de s’avouer étourdi ou de mauvaise foi. Si j’avais seulement la moitié de sa témérité, je n’hésiterais pas à lui soutenir qu’il n’a pas lu ce qu’il critique; et les preuves à l’appui de cette assertion ne me manqueraient pas, car il me pose souvent comme invincibles des objections que j’avais prévues et résolues d’avance.
Par exemple, sur le mot rien. J’ai mis en principe que cet adverbe, affirmatif en soi, n’avait de valeur négative qu’en vertu d’une négation adjointe. Que fait M. Guessard? Il m’allègue des exemples où rien nie évidemment, sans être accompagné d’aucune négation exprimée; cela semble péremptoire: