Palsgrave a fait le même travail sur chaque consonne de l’alphabet, mais aucune n’approche de l’s pour le nombre des exceptions. Les autres en présentent environ trois ou quatre exemples chacune.
Après cela on ne peut accuser Palsgrave d’ignorance ni de contradiction. S’il a posé et maintenu sa règle générale, On ne prononce jamais deux consonnes consécutives,» c’est qu’il avait pour le faire de bonnes raisons; c’est qu’en présence de deux usages contraires, il savait bien, lui, versé dans le commerce des savants de son âge, Alain Chartier, Jean Lemaire, l’évêque d’Angoulême, distinguer la tradition ancienne de l’innovation, le principe originel du principe de la renaissance.
[94] L’imprimé porte «devant li, lo, o, m,» ce qui n’offre point de sens. J’ai rétabli le texte à l’aide des exemples.
[95] P. 259.
[96] La preuve en est qu’on a pris le parti de les chasser de l’écriture dans tous les mots où la tradition trop continue ne permettait pas au langage de les recevoir.
[97] On ne doit rien avancer que sur de bonnes raisons, mais il en faut deux fois plus pour contredire. Celui qui affirme n’est tenu que d’avoir de quoi fonder sa conviction; celui qui contredit doit avoir en outre de quoi renverser celle de l’autre. Un pareil nombre de raisons opposées ne produirait que l’équilibre.
Il y a souvent des raisons philosophiques de contredire; mais il ne paraît pas y en avoir jamais de contredire de parti pris.
[98] Voy. des Var. du lang. fr., p. 226 et suiv.
[99] On se tromperait de croire que, dans ce second exemple, l’adjectif suit son substantif; il faut tenir compte de l’ellipse: deux citez des plus forz citez de France.
[100] Un des moyens de M. Guessard pour innocenter l’Académie consiste à dire que son dictionnaire est un almanach. «Il fallait négliger les vieilles expressions (celles de Molière) dans un almanach de la langue. Le Dictionnaire de l’Académie, tel qu’il a été conçu et exécuté, est cet almanach.» (P. 314.) C’est le cas de lui citer deux vers des Ménechmes: