L’x s’éteignait dans la prononciation, et laissait prévaloir le t, par la règle des consonnes consécutives. On prononçait donc bissête, et, par l’intercalation euphonique de l’r, bissêtre.
La superstition du jour bissextile remontait aux Romains. Voyez là-dessus le témoignage de Macrobe, au livre Ier, chapitre 13, des Saturnales.
Molière rappelle donc ici, par l’emploi du mot bicêtre, une expression et une superstition du moyen âge.
Le vice d’orthographe tendrait à confondre le bissêtre avec le château de Bicestre ou de Bicêtre. Celui-ci a une tout autre origine: la grange aux Gueux, qui appartenait, en 1290, à l’évêque de Paris, passa plus tard à Jean, évêque de Wincestre, dont le nom, transformé en Bicestre, est resté attaché à cette demeure.
Le peuple dit d’un enfant méchant et tapageur: C’est un bicêtre; ah! le petit bicêtre! Trévoux veut que ce soit par allusion à la prison de Bicêtre; mais ne serait-ce pas plutôt un vestige de la superstition du bissêtre? Ah! le maudit enfant! le petit malheureux! né le jour du bissêtre, sur qui est tombé le bissêtre!
On lit dans le Roman bourgeois, de Furetière:
«Si j’ai fait ici quelque bissêtre;»
Et dans la Noce de village, de Brécourt:
«Avant, je veux faire bissêtre.»
BLANCHIR, NE FAIRE QUE BLANCHIR; au sens métaphorique: