(Montaigne. Essais. II. 12.)
Mon paraît une transformation de num. Du grec μῶν, est-ce que, les Latins avaient fait num: pourquoi, par une disposition d’organe réciproque, du latin num les Français, à leur tour, n’auraient-ils pas refait mon? Cum, numerus, changent de même leur u en o: comme, nombre.
Mon garde la valeur de num et de μῶν, et répond à n’est-ce pas, pas vrai, qui s’emploient familièrement dans un sens moitié interrogatif, moitié affirmatif: savoir, n’est-ce pas, si Ptolémée jadis ne s’y est pas trompé?—Je répondrais: Il a bien prêché, pas vrai?
Par suite de l’usage, les trois racines se sont fondues en un seul mot, qui a pris pour acception la valeur affirmative de la dernière racine: Il y a tant à gagner avec votre noblesse, n’est-ce pas!—J’en suis d’avis, n’est-ce pas, ou en vérité, après ce que je me suis fait!
A l’appui de l’étymologie que je propose, je ne dois pas omettre de faire observer que um, en latin, au moyen âge, se prononçait on. Voyez ce point développé au mot [Matrimonion].
CAMUS (RENDRE), métaphoriquement, casser le nez, rendre confus:
MATHURINE.
Oui, Charlotte; je veux que monsieur vous rende un peu camuse.
(D. Juan. II. 5.)
Vous remarquerez que l’on emploie à rendre la même pensée deux images contraires: être camus et avoir un pied de nez.