«La honte je descends de me justifier.»

(Zaïre. IV. 6.)

«Sais-tu l’excès d’horreur je me vois livrée?»

(Mérope. IV. 4.)

Alléguer les priviléges de la poésie est une défaite ridicule, qui n’a pu naître que dans un temps où l’on avait perdu le sentiment vrai des choses, et où le raisonnement bannissait la raison. Est-ce qu’un solécisme en prose peut devenir légitime au moyen d’une rime? Il serait absurde de le penser. On me permettra de répéter ici ce que j’ai déjà dit ailleurs: «Ouvrez la Grammaire des grammaires; vous allez être bien édifié! elle distingue adverbe, pronom absolu, et pronom relatif (le pronom relatif ubi!). Elle permet ce dernier , avec un verbe qui marque une sorte de localité physique ou morale. Mais elle avoue que la poésie s’en sert quelquefois en des cas où il n’y a pas localité physique ou morale.

«C’est à ces faiseurs de galimatias double qu’est abandonnée la police de notre langue! Ce sont là nos instructeurs, et les juges en dernier ressort de Molière, de Pascal, de Bossuet, de tous nos grands écrivains! Il fallait effectivement moins de génie pour composer Tartufe ou les Provinciales, que pour surprendre le pronomdans une localité morale

Reprenons donc, il en est temps, une façon de parler vive, commode, excellente, que nous sommes en train de remplacer par la plus lourde et la plus insipide.

—où, pour jusqu’où:

Je ne sais qui me tient, infâme,

Que je ne t’arrache les yeux,