Mais, comme dans le passage de Robert de Bouron, il tient le participe invariable construit avec un autre verbe:
«Ceulx qui, pour le miracle de la lueur d’ung mirouer ou d’un coulteau, alloient eschangeant une grande richesse en or et en perles.»
(Ibid.)
Cette méthode de l’accord n’était pas sans avantages; par exemple, Montaigne dit des Espagnols qui torturèrent Guatimozin:
«Ils le pendirent depuis, ayant courageusement entreprins de se deslivrer par armes d’une si longue captivité et subjection.»
(Essais, III. 6.)
Ayant, au singulier, fait voir que la phrase se rapporte au cacique, et non à ses bourreaux, qui sont le sujet de la phrase. Si c’étaient les Espagnols qui eussent entrepris, Montaigne eût écrit ayants, avec une s. C’est au reste l’usage latin; voilà pourquoi il a passé dans notre langue: Occiderunt eum luctantem et conantem plurima frustra.
La grammaire de Sylvius, ou Jacques Dubois, rédigée en latin en 1531, ne pose point de règles particulières pour le participe présent; mais, en conjuguant le verbe avoir, elle dit, p. 132:—«habens, habentis; haiant, haiante;» et dans la conjugaison du verbe aimer: «amans, aimant, aimante.»
Jehan Masset, dont l’Acheminement à la langue françoyse est imprimé à la suite du dictionnaire de Nicot (1606), ne dit rien non plus du participe; mais, dans les modèles de conjugaison, il le met aussi variable. Page 15: «habens; masculin ayant, féminin ayante.»
Le langage du palais, qui est un témoin si fidèle, fait le participe présent variable. Regnard, dans le Joueur, a reproduit la formule exacte: