[CHAP. III.]--Gouvernement Civil du Canada.--1663
Le chevalier de Mésy arrive en Canada; motifs de sa nomination comme gouverneur général.--Il fait une réponse menaçante aux ambassadeurs iroquois qui s'en retournent dans leur pays.--Efforts et plan de Colbert pour peupler la colonie.--Sa population en 1663; manière dont s'y forment les établissemens; introduction du système féodal; tenures en franc-aleu et à titre de fief et seigneurie, emportant les mêmes privilèges et les mêmes servitudes à peu près qu'en France; le roi se réserve la suzeraineté; mais accorde le droit de haute, moyenne et basse justice à la plupart des seigneurs, qui cependant ne s'en prévalent point.--Pouvoir absolu des gouverneurs,--Administration de la justice jusqu'en 1663,--Arrivée de M. Gaudais, commissaire royal--Nouvelle organisation du gouvernement.--Erection du conseil souverain par lequel doivent être enregistrés les édits, ordonnances, &c, pour avoir force de loi--Séparation des pouvoirs politique, administratif et judiciaire.--Introduction de la coutume de Paris.--Création de tribunaux inférieurs pour les affaires civiles et criminelles à Montréal et aux Trois-Rivières, sous le nom de juridictions royales.--Nomination d'un Intendant: ses fonctions embrassent l'administration civile, la police, la grande et la petite voierie, les finances et la marine.--Cour de l'intendant.--Juge-consul.--Justices seigneuriales.--Commissaires des petites causes.--Election d'un maire et de deux échevins qui sont remplacés par un syndic des habitations.--Cours prévôtales établies en Canada,--Mesures de précaution prises par les rois de France pour empêcher les idées de liberté et d'indépendance de naître dans les colonies.
[CHAP. IV.]--Gouvernement Ecclésiastique du Canada. 1663.
Missions établies en Canada; elles sont desservies d'abord par les Franciscains [Récollets], et plus tard par les Jésuites, et relèvent de l'archevêché métropolitain de Rouen.--La Nouvelle-France est érigée en vicariat-apostolique [1657], puis en évêché [1670].--M. de Laval premier évêque de Québec; caractère de ce prélat.--Opposition et difficultés que suscite sa nomination.--M. de Queylus refuse de le reconnaître.--Etablissement du Séminaire de Québec, auquel toutes les dîmes du pays sont affectées à condition qu'il pourvoira à la subsistance des curés.--Ces dîmes, fixées au 13ème par l'évêque, sont réduites au 26ème par le conseil souverain.--Les Récollets s'offrent à desservir les paroisses gratis.--Les curés d'abord amovibles sont rendus inamovibles par l'édit de 1679, qui confirme en outre l'arrêt du conseil souverain touchant la quotité des dîmes.--Depuis la conquête les curés sont nommés sujets à révocation.--Opinions diverses sur les avantages et désavantages de ce système.--Fabriques paroissiales.--Contributions pour la bâtisse des églises.--Institutions de bienfaisance et d'éducation.--L'éducation populaire extrêmement négligée.--Caractère du clergé canadien sous le régime français.--Les débats au sujet des libertés de l'Eglise gallicane n'ont point d'écho en Canada.--Jansénisme. --Quiétisme.--Ils font quelques adeptes en Canada.
[CHAP. I.]--Luttes de l'Etat et de l'Eglise.--1663-1682.
Le conseil souverain: division au sujet du syndic des habitations.--M. de Mésy suspend les conseillers de l'opposition.--Moyen étrange qu'il veut employer pour les remplacer.--Nouveaux membres nommés.--M. de Villeray passe en France pour porter les plaintes contre lui.--Il est révoqué; sa mort.--M. de Courcelles lui succède.--Arrivée de M. de Tracy, vice-roi, de M. de Courcelles et de M. Talon 1er intendant, d'un grand nombre d'émigrans et du régiment de Carignan.--La liberté du commerce est accordée à la colonie, sauf certaines réserves.--Guerre contre les Iroquois.--Deux invasions de leurs cantons les forcent à demander la paix.--M. de Tracy repasse en France.--Le projet de franciser les Indiens échoue.--L'intendant suggère de restreindre l'autorité du clergé, dans les affaires temporelles.--Travaux et activité prodigieuse de Talon: impulsion qu'il donne à l'agriculture et au commerce.--Licenciement du régiment de Carignan à condition que les soldats s'établiront dans le pays.--Talon passe en France.--Le gouverneur empêche les Iroquois d'attirer la traite des pays occidentaux à la Nouvelle-York; et apaise les Indiens prêts à se faire la guerre.--Mortalité effrayante parmi eux.--Talon, revenu en Canada, forme le vaste projet de soumettre à la France tout l'occident de l'Amérique.--Traité du Sault-Ste.-Marie avec les nations occidentales qui reconnaissent la suprématie française.--Fondation de Catarocoui (Kingston).--Le comte de Frontenac remplace M. de Courcelles: ses talens, son caractère.--Discours qu'il fait au conseil souverain.--Lois nombreuses décrétées touchant l'administration de la justice et d'autres objets d'utilité publique.--Suppression de la compagnie des Indes occidentales.--Division entre M. de Frontenac et M. Perrot gouverneur de Montréal; celui-ci est emprisonné au château St.-Louis.--Le clergé appuie M. Perrot. Le conseil souverain est saisi de l'affaire qui est finalement renvoyée au roi.--M. Duchesneau relève M. Talon.--Querelles avec M. de Pétrée au sujet de la traite de l'eau-de-vie.--Dissensions entre le gouverneur et M. Duchesneau: ils sont rappelés tous deux.--Rivalité de l'Eglise et du gouvernement.--Arrivée de M. de la Barre qui vient remplacer M. de Frontenac.
[CHAP. II.]--Découverte du Mississipi.--17 juin, 1673.
Des découvertes des Français dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale.--Voyageurs et missionnaires.--Les Jésuites: activité et courage des missionnaires de cet ordre.--Voyages au Nord: le P. Le Quen découvre le lac St.-Jean (Saguenay) 1647; et Desprès Couture pénètre par cette route à la baie d'Hudson(1663).--Voyages dans l'Est et dans l'Ouest: le P. Druillettes va du St.-Laurent à la mer par les rivières Chaudière et Kénébec.--Les lacs Erié, Huron et Michigan sont successivement visités.--Deux jeunes traitans se rendent en 1659 à la tête du lac Supérieur et jusqu'aux Sioux; nombreuses tribus de ces contrées.--Excursions apostoliques des PP. Raimbault, Jogues et Mesnard; les PP. Allouez et Dablon s'avancent jusqu'aux limites de la vallée du Mississipi, où ils sont informés par les Indigènes qu'elle est arrosée par un grand fleuve.--Le P. Marquette et Joliet, de Québec, choisis par Talon pour aller reconnaître la vérité de ce rapport, parviennent à ce fleuve le 17 juin 1673, et le descendent jusqu'à la rivière des Arkansas.--Sensation que fait en Canada cette découverte.--La Salle résout de descendre le nouveau fleuve jusqu'à la mer.--Il bâtit à Niagara le premier vaisseau (le Griffon) qui ait navigué sur les lacs Érié, Huron et Michigan; il construit le fort des Miâmis, et le fort de Crèvecoeur sur la rivière des Illinois.--Le P. Hennepin remonte le Mississipi jusqu'au Sault-St.-Antoine, et tombe entre les mains des Sioux.--Difficultés et embarras de tous genres de la Salle, qui triomphe de tous les obstacles et réussit enfin à reconnaître le Mississipi jusqu'à la mer en 1682, et donne le nom de Louisiane aux immenses contrées que traverse ce fleuve.--Il va rendre compte de ses découvertes à Louis XIV, après s'être fait précéder à Paris par le P. Mambré; gracieux accueil qu'il reçoit du roi.
[CHAP. III.]--Le massacre de Lachine.--1682-1689.