Je vous conseille, comme j'ai toujours fait, de ne consulter que votre coeur.
JULIE.
Si vous me conseillez de ne consulter que mon coeur, je suivrai votre avis. Je suis, pour la dernière fois, résolue de découvrir mes véritables sentiments; mais comme il en coûte toujours infiniment à les déclarer, je cherche quelque innocent stratagème, et je pense qu'une lettre m'épargneroit une partie de ma honte.
ARISTE.
Eh bien! écrivez. Il est permis d'écrire à un homme que l'on est sur le point d'épouser. Une lettre, effectivement, expliquera ce que vous n'auriez peut-être pas la force de dire de bouche, et l'explication est nécessaire après le petit démêlé que vous avez eu ensemble.
JULIE.
J'exigerois encore de votre complaisance que vous l'écrivissiez pour moi.
ARISTE.
Volontiers.