Les cloches tintent messe basse, et voici les dévotes plates et noires. — Taratata ! le réveil vibre à travers, par-dessus les casernes, et le frais soleil partout luit.

Bah ! emboîter le pas aux chemins fourbus ? pas si bête ! mais faire, par quelque trait de génie, se lever d’inusités itinéraires et des décors inattendus, tu-tu, tu-tu, qui, à mesure qu’on approche, se fondent dans le décor su par cœur : or, de s’approcher on se garde bien, et hume à distance la vision savoureuse d’être insolite et fugitive.

Cela aboutit toujours à la cathédrale : et aux dévotes qui sortent en trottant muettement ; le marché verdoie, grouille, bourdonne sur la grand’place, elles l’envahissent, des plaques de mouches, noires, ratatinées, bruissantes maintenant. Ah oui, mais, la foison des jolies filles — toujours Gretchen et Véronique — met le feu à toutes ces noirceurs : toutes les Lorraines sont jolies à Lunéville.

— Eh mais, déjà chauffe le soleil ! l’instant de rattraper l’ombre fraîche au cabaret du père Tritschler et s’attendrir sur la beauté moribonde de sa fille aux poitrinaires vingt ans. Mais la succulente eau-de-vie de prunelles éblouit le haut verre pansu : oh, oh ! Fagus, tu seras gris ce soir !

Tétant la pipe en porcelaine

En ce cabaret délaissé,

J’exhume longuement l’haleine

Qui s’essore d’un clair passé.

Le soleil filtre par les vitres

Et fait des ronds blancs sur le mur,