Quand je ne suis pas ivre,

Je m’ennuie à mourir…

Cette pensée me trotte par la tête ; il y a là plus que coïncidence : Verlaine fut influencé, je le parierais, par tous ceux que j’ai nommés, qu’il a connus certainement…, et sur moi, indigne, se ferme le cycle, provisoirement. Puis, la pensée provoque un souvenir : dans une revue, M. Jean Longnon donna naguère une étude importante sur les Chansons anciennes et Chansons populaires ; il y disait entre autres qu’« elles sont populaires dans leur expansion et non toujours dans leur origine », bref que, selon l’opinion de Georges Doncieux, « un chant possède toujours une date, un auteur, une patrie ». Cette opinion est aussi la mienne. Et je me souviens encore que dans le même temps et la même Revue critique, feu Pierre Gilbert traita avec la dureté qu’il fallait la préface de La Lépreuse, où Henry Bataille promulguait au contraire, entre autres impertinences, que les chansons « populaires » ne sont belles et belles au-dessus de tout, que d’être issues de je ne sais quelle fallacieuse « âme primordiale ». Eh ! voilà la vérification expérimentale que Henry Bataille délirait une fois de plus.

Est-ce tout, cette fois ? Non encore : dans la feue Revue critique, M. Henri Clouard me fit jadis l’honneur de citer une poésie mienne ; certes, sans m’avoir prévenu : je l’en aurais dissuadé, vu qu’elle m’eût pu compromettre. Or, comment la composai-je ? Je me le rappelle bien. Dans une église encore, à l’issue d’une messe nuptiale ; le défilé s’éternisait, et nul moyen de m’évader. Une phrase de l’orgue me remémora la mélodie écrite par Berlioz pour une des Orientales ; le premier vers, vraiment de situation :

Si je n’étais captive…

en provoqua un autre, non prévu par Hugo :

Je voudrais déguerpir,

qui, moins familier, devint :

Je m’ennuie à mourir…

Mais la démangeaison parodique que immanquablement me suscite le Poète-Océan, s’en prit au vers initial, d’où :