Celui-ci, je le crois supérieur au premier. Oui, mais, dans l’intervalle, mon éditeur m’avait battu froid. C’est mon ami qui en souffrit. Il ne réussit pas même à prendre rendez-vous. Je lui dis : « En attendant que nous dénichions un autre merle blanc, confiez-moi donc une ou deux « nouvelles » ? » Il m’en adressa deux. La revue à laquelle je les présentai me répondit : « Excellentes, seulement, pas dans le ton de la revue. Et d’abord, trop brèves. »

Je me retournai vers le providentiel Léon Deffoux. Deffoux me répondit :

« 19 juillet 1925.

« Je suis resté quelques jours sans passer au Mercure. C’est seulement samedi que j’ai trouvé votre pli du 8, et qui contenait la jolie lettre de M. Charles Ovigny et ses deux contes.

« Ils me plaisent beaucoup ces contes (plus particulièrement M. Cirolles) mais ils ont 3 ou 4 pages de trop pour passer dans un journal. Autrement j’aurais pu essayer de donner Monsieur de Cirolles à L’Intran ou à L’Œuvre. Tels que les voici, je ne sais trop qu’en faire… Ah ! ce n’est pas chose facile, mon cher Fagus, que de faire accepter, dans les circonstances présentes, un nouveau venu, qui ne connaît pas les trucs du métier ! Jamais les revues et journaux n’ont été plus fermés. Et pour cause : ceux qui y sont trouvent tout juste de quoi croûter… Les conditions actuelles du journalisme sont sans joie, même pour celui qui a une « situation ».

« Oui, votre étude sur la Poésie épouvante Dumur, qui me dit : Fagus devrait plutôt me donner des vers… »

Faute de loisir, je ne voyais guère Ovigny, et remettais de jour en jour de retirer du Mercure les nouvelles, pour essayer de les caser autre part. (Où ?)

L’autre matin, raide balle, m’arriva le billet bien connu, trop connu :

« … ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle qu’ils viennent d’éprouver en la personne de

« Monsieur Ernest-Charles OVIGNY

décédé à Lyon le 12 août 1925, dans sa 41e année… »

Je n’en sais pas plus. Sinon qu’il avait irrécusablement du talent, cet inédit. Moi seul le sais. Lui-même l’a ignoré : puisqu’il ne s’est jamais lu imprimé.

Pauvre Madame Ovigny !

Et à présent, jeunes débutants, soyez instruits.

SOUS LA FOULE