Ainsi ce mois de mai, porte du printemps, vestibule de l’été, représente au fond l’instant d’une réconciliation générale, d’une communion universelle encore qu’insoupçonnée. Et si nous étions musicien, nous tenterions d’exprimer cela par quelqu’une de ces symphonies vocales où excellaient nos maîtres français du XVIe siècle, Jannequin, Goudimel, Josquin des Prés. On entendrait chanter les fillettes :

Voici le mois de mai,

Istra, istra, istra, la la !

Voici le mois de mai,

Faut marier vos filles !

et puis encore :

Mon beau rosier j’ai arrosé :

Il fleurira au mois de mai !

Le chœur folâtre serait interrompu par des voix traînantes et rudes entonnant avec une conviction touchante le cantique rouge, — car c’est bien un cantique :

Debout, les forçats de la terre,