Et voilà comme on a changé sa vie,
Un soir d'été, causant sur le trottoir,
Avec deux yeux qui vous faisaient envie,
On est heureux et c'est sans le vouloir!
LES SOUFFLEURS
Au commandant GEORGIN.
Le lendemain d'une première à succès, on peut lire dans les journaux le triomphe de l'auteur, les louanges des artistes, le talent des décorateurs, le bon goût du costumier, l'adresse des couturières; on félicite le directeur; mais il y a un personnage dont on ne parle pas, qu'aucun courriériste ne nomme, et qui, pourtant, a droit à un salut; C'est le souffleur.
Et cependant, quel auxiliaire pour les mémoires incertaines! Sans lui, le jeune premier bafouillerait étrangement et la duègne, si rompue à la scène, perdrait complètement la tête, si elle ne se savait tenue.