Il me restait alors à chercher trois ou quatre artistes, afin de composer un spectacle présentable.
Justement Amiati, de l'Eldorado, était en représentations à l'Alcazar, où elle faisait florès. J'avais eu occasion de la voir souvent, au concert du boulevard Strasbourg; nous avions beaucoup d'amis communs, la présentation fut donc rapidement faite. Mise au courant de la situation, l'Etoile, avec la meilleure grâce du monde, me promit son concours, si toutefois elle avait la permission de son directeur.
Je la conquis, cette permission!
Je flamboyais, victorieux: Je possédais Amiati!
Amiati, c'était mon clou (encore une expression bizarre.)
C'était pour ma soirée, un attrait réel, car la haute société n'allait pas à l'Alcazar, et désirant fort applaudir la chanteuse, ne manquerait pas cette occasion.
En écrivant le nom de mademoiselle Amiati, il me revient à l'esprit un mot que lui lança son hôtesse.
Comme le public qui devait venir au Gymnase applaudir mon étoile, était infiniment mieux élevé que celui qui l'acclamait tous les soirs à l'Alcazar, sa propriétaire lui dit:
—Vous n'aurez pas peur de chanter au Gymnase?
—Pourquoi ça?