La dernière tournée qui était passée sur ces planches fut celle de Saint-Germain avec Jonathan.

Il fut même répondu à l'artiste un mot épique, par la patronne d'un hôtel voisin.

Jouant à 8 heures et la table d'hôte étant à 6 heures et demie, Saint-Germain avait demandé de dîner, lui et sa troupe, un peu plus tôt, afin d'avoir tout le temps de s'habiller et de respirer un peu en sortant de table. Ce surcroît de travail ne fut pas goûté des domestiques, qui servirent les artistes, comme des chiens. Saint-Germain va trouver l'hôtesse:

—Je ne vous comprends pas, madame, de tolérer que vos domestiques nous traitent avec un tel sans façon; nous ne demandons pas l'impossible, après tout; puisque nous payons bien, nous demandons à être servis convenablement.

—Eh! monsieur, c'est ce que je ne cesse de leur répéter: ce sont des comédiens, je le sais bien, mais enfin quoi, vous ne savez pas ce que vous pouvez devenir!


Mais revenons au Gymnase ... bordelais.

Cette salle ne sert, la plupart du temps, qu'à l'exécution de chœurs, cantates, oratorios, etc., etc., et la scène n'étant pas suffisamment spacieuse pour contenir les cent cinquante ou deux cents personnes qui y prennent place les jours d'exécution, on a eu l'idée de l'agrandir au moyen de rallonges, ce qui fait qu'elle va jusqu'au milieu du théâtre.

Par conséquent, le rideau baissé séparait la scène en deux parties égales.

Je louai donc cette salle, demandant toutefois qu'on me la donnât arrangée et en état de pouvoir y jouer la comédie, car, n'ayant pas l'intention d'interpréter un drame militaire aux évolutions nombreuses, ce supplément de scène était pour moi parfaitement inutile et gênant.