Ce sont des figures bien intéressantes à étudier que celles de ces garçons dits «extra!»

Il y a l'extra-sérieux, le garçon qui pontifie et vous sert un sandwich avec la dignité d'un sénateur romain élaborant une loi.

Il y a l'extra-gai, celui qui plaisante avec vous, risque le calembourg facile avec le mot thé.

Un type bien curieux, c'est l'extra-prévenant, qui vous dit, lorsque vous lui demandez une glace:

—Non, non, ça vous ferait mal, prenez plutôt du punch bien chaud.

On rencontre également l'extra-grincheux, qui a servi dans des maisons plus importantes où le buffet était bien mieux approvisionné; celui-là vous sert à contre cœur, sans la moindre complaisance il vous donne un sorbet sans cuiller ... et sans grâce.

Il y a aussi l'extra-susceptible qui vous en veut à mort si vous vous trompez et l'appelez «garçon» tout court; je ne vous engage pas à vous adresser à lui si vous retournez au buffet.

Le plus terrible, à mon avis, c'est l'extra-censeur, celui qui censure vos actes; c'est le garçon dont les yeux semblent dire au malheureux qui redemande quelque chose:

—Mais, pardon, vous en avez déjà pris et si chacun en faisait autant....