«Le projet supprime la caractéristique du parti entièrement; il ne donne pas ce qui nous sépare des démocrates et des réformateurs sociaux, mais bien ce que nous avons de commun et ainsi on reçoit l'impression que la social-démocratie n'est qu'une sorte de parti réformateur démocratique.
«La social-démocratie déclare dans la partie principale du programme qu'il est impossible d'améliorer la position sociale de la classe prolétarienne dans la société actuelle. Quelques couches sociales peuvent arriver à un mode de vie qui, absolument, est plus élevé, mais, relativement, c'est-à-dire vis-à-vis de leurs exploiteurs, la position doit empirer. Et dans le second parti nous considérons comme de notre devoir d'améliorer avant tout la position sociale de la classe prolétarienne.»
«Nous n'avons plus un programme agraire démocratique mais un simple programme agraire; non pas un programme, qui transporte la lutte des classes parmi les possédants et les non-possédants de la terre, mais un programme qui a pour but de subordonner la lutte des classes du prolétariat aux intérêts des propriétaires du sol.»
«La commission agraire veut une augmentation considérable de la propriété de l'État dans le cadre de l'ordre actuel de l'État et de la société». Mais qu'est-ce que cela signifie, sinon d'alimenter le Moloch militaire? Les résultats de l'administration fiscale sont-ils si beaux? La position des ouvriers de chemins de fer d'État et des mines d'État est-elle si excellente, si libre, qu'on doive souhaiter une augmentation du nombre d'esclaves étatistes en faveur de la lutte des classes?
La commission elle-même a compris le danger de ses desiderata et c'est pourquoi elle y a ajouté: «sous le contrôle de la représentation du peuple,» mais Kautsky dit très bien: «la croyance dans l'influence miraculeuse clé ce contrôle reste une pure fiction démocratique (Köhlerglaube[43]), dans cette période de Panamisme, de majorités Crispiennes, de pillages des politiciens américains, etc. Le «contrôle de la représentation du peuple» ne donne pas du tout une garantie pour l'intégrité des affaires qui se feront à la campagne, ni pour l'amélioration de la position des ouvriers d'État.
Kautsky dit qu'on voulait que la commission agraire donnât: «Un programme, dans lequel l'harmonie des intérêts des propriétaires du sol et des non-propriétaires fût obtenue, c'est-à-dire la quadrature du cercle». Très bien, mais pourquoi la commission acceptait-elle un mandat aussi insensé? Est-ce que les social-démocrates, vieillis dans le mouvement, n'ont pas prévu cela?
«Les propositions de la commission agraire pour la défense de la classe ouvrière sont muettes sur la défense même des ouvriers agricoles».
Un programme agraire social-démocratique qui ne change rien au mode de reproduction capitaliste est un non sens.
Est-ce que cette critique est suffisante, oui ou non?
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