Au congrès de Breslau une lutte s'engagea entre les partisans et les ennemis du projet.

Mais quel changement de rôles!

Bebel, qui était encore, l'année d'avant, le défenseur des radicaux, l'ennemi des pitoyables tendances petit-bourgeoises dans le parti, s'était converti et fut l'avocat de la droite marchant avec Vollmar la main dans la main. Le Saul de l'année passée s'était changé miraculeusement en Paul et il fut le principal défenseur d'un programme qui ne mérite pas de place dans le cadre des revendications socialistes.

Max Schippel disait au congrès, que «dans le projet social-démocratique on trouvait à peine un desideratum qui ne fût pas dans les programmes des agrairiens, des anti-sémites et des nobles, ces partis de la pire sorte», et il le nommait un «vol socialiste de propriété spirituelle».

Il qualifie le projet chancelant de «charlatanisme politique» et il finissait par ces mots: «nous voulons aussi conquérir les paysans, mais nous ne voulons pas briser le cheval avec sa queue. Rejetez le projet et épargnez-nous la honte de faire notre entrée dans les campagnes comme l'abbé de Bürger: «retourné sur son âne, avec la queue dans la main au lieu de la bride.»

Kautsky secondant Schippel émit l'opinion que les social-démocrates scindaient leur propre parti avec un tel programme, car ils commençaient par déclarer qu'on ne peut pas sauver les petits paysans, puisqu'ils sont condamnés impitoyablement à mort, et leur offraient ensuite un programme agraire, panacée de salut. «Le système actuel de la propriété foncière conduit à la dévastation, à la rapine du sol.

Chaque amélioration de la production agricole dans la société actuelle est une amélioration des moyens d'exploitation du sol. Et pour obtenir ces résultats, dont l'avantage est problématique nous prenons le chemin glissant du socialisme d'État.»

Très bien, seulement nous disons que la social-démocratie allemande s'est avancée déjà beaucoup dans cette direction comme la social-démocratie française et belge.

Quand nous voulons «agir positivement pour la défense des paysans, il ne nous reste que le socialisme d'État, et la commission agraire a accepté cette conséquence.» On disait même: «quand nous acceptons les propositions de la commission, nous sommes les défenseurs du paysan comme propriétaire.»

Les social-démocrates, défenseurs des propriétaires, qui pouvait penser à cela il y a quelques années!