Et, se retournant vers son mari:

—Combal, ce n’est pas chez nous, ce soir, qu’on fait liesse, c’est chez les Garidel. Moi, je n’ai qu’une soupe de châtaignons à te donner, et ce n’est pas une soupe de roi.

—Ta femme a raison, mon ami, dit le vieux Garidel. Viens avec nous.

Simonnet plus que jamais tenait les yeux attachés sur M. le maire.

—Non, non! répliqua celui-ci d’un ton ferme. On soupe chez nous ce soir. Je l’ai dit et je ne m’en dédis point. Nous avons aussi une basse-cour, nous autres, où les ouailles sont en quantité.

—Je te conseille de toucher à mes bêtes, toi! cria la Combale d’un ton menaçant.

—Mais puisque nos poulets sont au four, insinua Simonnet, je pourrais bien aller les chercher, avec d’autres choses que nous avons là-bas..... Que pensez-vous de mon idée, Combale? Je porterais aussi quelques bouteilles de notre vin...

—Je pense, répondit la vieille, apaisée, que je n’ai rien à la maison pour vous recevoir tous, et que, si tu trouves des provisions, toi...

Avant qu’elle eût fini de parler, encore que la corbeille lui pesât lourdement sur la tête, Simonnet était parti comme un trait.

Nous défilâmes à travers les rocailles qui, aux environs des Aires, dominent le ruisseau.