—Et ces fioles, que font-elles là? demanda-t-il, apercevant les bouteilles de maraussan rangées en bataille le long du mur.

—Il est de fait, intervint Barnabé, qu’en un jour comme celui-ci, il vaudrait mieux qu’elles fussent à la cave qu’en cet endroit trop passant. Quelqu’un peut donner un coup de pied, et voilà mon maraussan faisant des rigoles entre les pavés.

—Du maraussan! s’écria l’ermite de Saint-Raphaël; mais c’est du vin du bon Dieu, le maraussan!

—Aussi ne l’ai-je point charrié pour toi, qui es toujours altéré comme une douve neuve! lui répliqua Barnabé.

M. Martin ouvrit la porte de la basse-cour.

—Frère Pigassou, dit-il, vous trouverez là un dindon que je viens de tuer. Il faut le plumer tant qu’il est chaud: vous aurez moins de peine. Ne vous occupez pas du fin duvet, j’ai des lavandes sèches pour flamber la bête. Du reste, vous aurez votre morceau... Quant à vous, Barnabé, puisque vous m’accordez une heure de votre temps, avec l’aide du neveu de M. le curé des Aires, ayez donc l’obligeance de descendre à la cave ces bouteilles, qu’il est peu prudent et peu convenable de laisser là. Cela fait, vous pourrez monter au pigeonnier et relever quatre nids qui sont à point. Pigassou plumera également ces bestioles... Pour moi, je cours rejoindre Jeanneton qui perd la tête. Je lui casserai les œufs et lui préparerai la farine pour sa croustade et ses biscotins...

Il disparut dans les tournants de l’escalier.

Baptiste, dont personne ne s’occupait, passa la tête dans l’entre-bâillement de la porte et remplit le presbytère d’un braiement splendide.

—Je devine ce que tu demandes, toi, avec ta voix de chantre, lui dit Barnabé joyeusement.