SOUS LA DIRECTION DE FERNAND DESNOYERS
V'la l'bataillon d'la Moselle,
En sabots!
V'la l'bataillon d'la Moselle!!!
(Chanson populaire.)
[TABLE]
SOMMAIRES: [I,] [II,] [III,] [IV,] [V,] [VI,] [VII,] [VIII,] [IX,] [X,]
I
SOMMAIRE
Bonnes intentions des peintres.—Mauvais tableaux.—Le Jury devenu méchant.—Imitation des cris des peintres.—On leur applique la question du Jury.—L'Empereur la résout.—Grand embarras des Refusés.—Ils se reçoivent.—Les lutteurs, bataillon de la Moselle en sabots.—Brivet-le-Gaillard.—Quels types!—Les poltrons de la peinture.—Le Comité de salut... des Refusés.—Son plébiscite.—Honneur au courage malheureux!—Unité de Refus.—Succès espéré des Refusés.—M. Harpignies a tous les droits.—La Grenouille et le Lièvre, fable.—M. Briguiboul dans les deux camps.—Des choux, des panais, des choux-fleurs, navets, navets!—Discussion raisonnable.—La discussion continue.—La cage.—M. Whistler est le plus spirite des peintres.—Défense des moulins non attaqués.—Illumination a giorno par la peinture.—Du critique d'art.—De l'influence de la philosophie allemande sur la peinture.—Abrutissement des peintres.—Classification des peintres—École de Paris.—École de Montmartre.—École de Rome.—École de Fontainebleau.—La raison même reprend la parole.—The end.
Aux époques où le quart d'heure de l'Exposition des tableaux approche, les peintres grouillent, s'agitent, se trémoussent, fouillent dans leurs ateliers et n'y trouvent rien ou presque rien. Tous les jours, deux mois avant le dernier moment, ils complotent de travailler et d'accoucher de grandes œuvres. Mais ces gigantesques complots avortent et s'épanchent dans les petits cerveaux des peintres. Il ne résulte de tout cela que des discussions. La discussion est tout à la fois le fort et le faible des peintres. Non, les discussions ne sont pas le seul résultat de tant d'efforts quand il n'est plus temps: il arrive aussi que les tableaux sont manqués, mal faits, pas faits et mauvais pour la plupart.
Fatigués de voir péricliter l'Art qu'ils n'avaient pas porté bien haut, les peintres, membres du jury, croient qu'ils deviennent sévères. Ils le croient aussi, les peintres qui courent, c'est-à-dire qui veulent être exposants. Bien des tableaux qu'on a vu se diriger à pied et en voiture, sur des crochets ou des brancards, sont forcés de reprendre le chemin de l'atelier natal.