(Moniteur, 7 juillet 1863.)
Outre M. Briguiboul, plusieurs Refusés-Reçus, c'est-à-dire ayant des tableaux aux deux Expositions, ont eu des mentions honorables.
C'est M. Blin et M. Méry, deux paysagistes de talent, deux suspects qui figurent timidement parmi les Refusés et qui ne se sont pas nommés dans le catalogue. Nous donnons, nous, une mention à leurs paysages repoussés. Puis, M. Harpignies, déjà nommé, qui a deux paysages remarquables, rejetés par la même raison qui a fait admettre un autre tableau de lui, je veux dire sans savoir pourquoi. MM. Laurens et Tabar, peintres connus et toujours reçus jusqu'à présent. Enfin, MM. Vaudé et Wagrez. Refusés cachés comme leurs tableaux qui ne m'ont pas arrêté.
Je ne cite ces mentions que comme des preuves de plus de la faillibilité des censeurs et examinateurs. Comment s'expliquer que ces tableaux, d'égale force et des mêmes peintres, aient été—les uns admis, les autres renvoyés? Saint Basile, le fameux dialecticien, l'oracle invincible, n'aurait pu éclaircir ce mystère.
VIII
SOMMAIRE
Donnez-vous la peine de vous asseoir.—La ménagerie d'un suspect amusant.—Gare aux animaux!—Ils nous donnent un sauf-conduit.—Le Temps a fait son temps.—Un condamné par la raison qu'il est criminel. Ne pourrait-on pas le condamner pour autre chose?—On se jette les cartes et les verres à la tête.—A la tour de Nesle!—On parle encore de Béranger.—L'auteur des Étourdis, comédie en vers, fait la campagne d'Italie.—La gloire n'est que de la fumée.—Une boucherie au clair de là lune.-A nous, Français! etc.... (Varsovienne).—Celle fois, le général Hoche est bien tué.—Théorie du sous-lieutenant.
Nous allons, pour nous délasser, nous arrêter un peu devant deux peintures tout à fait amusantes; l'une est de M. Fitz-Barn, dont on ne trouve pas le nom dans le catalogue, mais ce ne peut être que par erreur, car le tableau de ce peintre fait un tel tapage qu'on ne peut soupçonner l'auteur d'avoir voulu se cacher. Tout d'un coup, nous nous trouvons dans une grande cage avec tous les animaux de pantomime. J'appelle ainsi les animaux fantastiques, domestiques et comiques, tels que chat, singe, rat, pie, grenouille, chien, poule, geai, hibou, etc., etc., dont les mouvements, les allures et les physionomies sont vraiment risibles ou étonnants.—Avec nous, dans la même cage, crient, gloussent, coassent, jappent, miaulent et grouillent les animaux que je viens de citer. A travers le treillage, des figures singulières nous examinent très-attentivement. Le singe épluche ou épile un rat, ce qui indigne une pie.—Deux petits chiens bleus se battent pour rire.—Une grenouille montre sa tête immobile à fleur d'eau.—Un chat-huant attend la nuit avec impatience, et de ses deux lueurs fixes, qu'il a pour yeux, regarde passer le temps.—Bref, tous les animaux sont dans leurs attributions respectives.—Quittons ce petit pandémonium. Les animaux ne s'opposent pas à notre sortie de la cage.