Heureux villageois, dansons,
Sautez, fillettes
Et garçons!
Unissez vos joyeux sons,
Musettes
Et chansons!
Ainsi, dans ce tableau, non moins décoloré que le refrain, sautent et dansent les heureux villageois devant le cadavre encore vivant du roi Louis XI.
M. Andrieux nous montre le général Bonaparte accompagné de non escorte, le matin du combat. (Campagne d'Italie, 1796.)
Bonaparte, entouré de quelques officiers, galope dans un champ en désignant du doigt classique des héros l'endroit où il y a le plus de fumée.
C'est une vignette coloriée assez habilement et dont le dessin dénote une main plus exercée à exécuter sur bois de petites manœuvres militaires qu'à les peindre.
M. Édouard-Alphonse Aufray a trois tableaux, dit le catalogue, mais je n'en ai trouvé qu'un, Choc de cavaliers. On dirait que c'est la Bataille des Cimbres, qui a donné aux Refusés son portrait en miniature (son portrait, pas tout à fait cependant); mais il y a tant d'enthousiasme pour cette Bataille, dans ce choc, qu'on voit bien que les cavaliers de M. Aufray se souviennent des Cimbres de Decamps. Ils se battent presque aussi furieusement.
Les deux autres tableaux de M. Aufray, désignés dans le livret: Crépuscule et Lever de lune, semblent être réunis dans le Choc des cavaliers pour ne former à eux trois qu'une trinité. En effet, c'est par un crépuscule et par un lever de lune que se choquent les cavaliers.
Le Cavalier polonais, de M. Guillaume Regamey, est plus triste et moins animé. Il songe à sa patrie et attend. Son cheval aussi est là qui attend. Malgré le soin et le patriotisme, ce tableau, qui a des qualités, n'est pas d'une belle couleur. On pourrait croire, du reste, qu'il a été exposé malgré son auteur, car il n'est pas indiqué dans le catalogue.
Les Dernières moments du général Hoche n'ont pas fait faire un bel ouvrage à M. E. Courtois; mais je crois que la médiocrité de ce tableau tient plus au genre,—genre ou art militaire,—qu'au talent modéré du peintre.
On peut s'affermir dans cette opinion, en examinant avec attention,—rude travail,—tous les tableaux de bataille, de revue ou de guerriers, qui sont aux deux Expositions; les uns sont plus médiocres, les autres plus mauvais.