Ce jeune homme chante au piano, fait les délices des dames et exécute à lui tout seul, comme aux Folies-Nouvelles, de ravissantes opérettes. C'est un farceur de société. On dit de lui:—Nous avions hier ce délicieux X...

Les couplets de cet agréable être jouissent de la faveur de deux maîtres de la scène. Le premier a pris son art au sérieux, et il a longtemps essayé de refaire à sa manière les vers de Corneille, de Racine, d'André Chénier, en haine du romantisme. Ses grands succès l'ont engagé à faire autre chose.

Le voilà qui confectionne, dans l'attitude du Molière de la rue Fontaine, un brodequin à Thalie. Saint Crépin ne l'inspire pas et le brodequin va mal.

Quant à l'autre auteur dramatique, la froideur du théâtre moderne a échauffé sa bile.

Il est devenu tout rouge et s'est mis à la besogne, décidé à recommencer la vieille gaieté gauloise.

Cette gaieté eut sans doute réjoui nos pères. Elle me fait souvenir de l'esprit français, qui, ne sachant plus où se fourrer, dans un temps où les loyers sont si chers, est allé se nicher dans la tête d'un jeune écrivain, comme disent certaines revues hebdomadaires. Ce que cet esprit français fait faire de bêtises au jeune écrivain est incalculable.

Cependant on ne saurait refuser à cet esprit français le prix de Rome. La peinture réaliste a allumé sa mousqueterie; l'esprit français crible malicieusement la Baigneuse de Courbet de grains de sel gris.

Un autre esprit, pour n'être pas réputé absolument français, n'est pas moins pétillant, car il pétille depuis 1825 et appartient à la fameuse éclosion de 1830.

Il fait des verss comme un autre ferait... des vers. Rien ne lui coûte. Ce n'est pas comme au public,—car le public achète ses productions.—Ce merveilleux improvisateur et prestidigitateur veut qu'on fourre de l'esprit partout, même dans ses poches à lui; si le réalisme parvient à être aussi spirituel que lui, sa sanction n'est pas douteuse. Mais cet esprit va trop vite pour qu'on puisse le rattraper, il vaut mieux le laisser passer; au train dont il va, ce ne sera pas long, etc., etc.

Tout ce monde ne croit qu'au passé et forme un immense carnaval. Ces armures, pourpoints, culottes et péplums ne vont pas aux gens d'à présent. Celle friperie est rouillée, fanée, trouée, rapée; tout est trop grand ou trop petit.