J'avais en effet oublié de mentionner parmi ces symptômes la notice de Théophile Gautier, insérée en tête de l'édition définitive des Œuvres complètes (1868).
Si défectueuse et restrictive que soit encore cette notice qui persiste à maintenir Baudelaire dans le cercle des poètes artificiels et subtils, le fait qu'un écrivain illustre comme Théophile Gautier, grand potentat du feuilleton, un des maîtres de la célèbre phalange romantique, eût assumé la charge de présenter Baudelaire au public et lui eût accordé l'honneur de soixante-quinze pages en texte serré, ne pouvait manquer d'attirer l'attention de Sainte-Beuve.
Il y avait là mieux qu'un acte de complaisance posthume, une véritable consécration.
Il paraît peu probable que l'importance de cette manifestation ait échappé à un esprit aussi avisé que Sainte-Beuve.
Mais il n'est pas impossible, par contre, qu'elle ait contribué, par choc en retour, à l'ancrer plus dans son silence.
CHARTRES.—IMPRIMERIE DURAND, RUE FULBERT.