«Votre à vous seul,
«H.»
Elle avait sonné et elle enfermait la lettre dans une enveloppe à l'adresse de Favierres.
—Tenez, Juliette, dit-elle à la femme de chambre qui entrait... Vous irez jeter cela à la boîte, tout à l'heure, pendant que nous dînerons... Maintenant, vous allez m'aider à m'habiller!...
Juliette, une grande personne jaunâtre et sèche, à l'œil noir, romanesque, prit la lettre en murmurant d'un ton cachotier:
—Bien, Madame!
Puis à haute voix, l'air délibéré, l'air d'avoir oublié déjà le secret de sa mission, elle demanda:
—Quelle robe Madame mettra-t-elle? Quel jupon?
Mme Lahonce donna ses indications, et tandis que Juliette était sortie pour chercher la toilette choisie, elle commença à dégrafer son corsage, sa jupe d'une main lasse, maladroite, que le regard occupé ailleurs, n'aidait pas.
On frappa à la porte. Juliette revenait, chargée de soieries pâles et sombres. Elle rangea les délicats objets sur le divan qui étendait son large rectangle de cretonne au fond de la pièce, contre le mur; et s'agenouillant derrière sa maîtresse, elle acheva de dénouer la robe, de la faire glisser le long des hanches jusqu'à terre, où elle s'écrasa à demi, en une flaque d'étoffe moelleuse et inégale.