Car l'indulgence qu'il aurait, ce ne serait ni l'indulgence pédante, philosophique et froide qu'inspirent les systèmes, l'idée que rien n'est mal et que tout est permis; ni celle que nous suggèrent, dans les moments de drame, notre sensiblerie douillette ou nos nerfs éprouvés.
Ce serait la ferme et clairvoyante indulgence virile, l'indulgence du cœur qui aime et qui comprend.
V
Le lendemain matin, sitôt rentré du Bois, Charlie grimpa vite dans sa chambre, pour changer de vêtements.
Il était aussi résolu que la veille, dans les mêmes intentions envers Mme Lahonce. Il ferait jusqu'au bout ce qu'il avait arrêté de faire. Mais, tout en s'habillant pourtant, à mesure qu'il venait à la réalisation, au moment de revoir sa mère, puis Favierres, il se sentait plus agité, plus ému; il avait cette hâte maladive d'en finir qu'exaspère, à l'approche des instants mauvais, la lenteur ponctuelle du temps.
Les mains tremblantes et chaudes de fièvre, il se pressait, il jetait en désordre par la pièce ses vêtements retirés, et à onze heures un quart, il avait achevé sa toilette. Il descendit un étage, puis frappant légèrement à la chambre de Mme Lahonce:
—C'est moi, Charlie! cria-t-il.
—Attends, attends un peu... je t'ouvre tout de suite...
—Bien, bien, maman! fit Charlie.