Une minute seulement, plus qu'une minute de grâce! Il s'appuya, sans le vouloir, au bouton de la porte, la tête basse, les yeux brouillés de vertige. Il avait la trouble intuition qu'un drame recommençait, un nouvel acte du drame, et qu'il allait entrer en scène! Un glissement huileux de fer dégagea la serrure. La porte s'ouvrit et Mme Lahonce, avec un faible sourire demanda:

—Tu m'excuses, mon chéri!

Elle agrafait prestement la large matinée de linon rose qu'elle avait endossée pour ouvrir.

—Tu vois! reprit-elle... Je flânais... Je n'étais pas prête. Tu m'excuses!

Charlie l'embrassait lentement, tendrement, à droite du cou, à gauche, au-dessus de l'échancrure du col de guipures blanches.

—Si je t'excuse!... Naturellement que je t'excuse!... Mais, maintenant que je t'ai dit bonjour, maman, je vais te dire au revoir!

Elle questionna d'une voix étonnée, ou qui affectait de l'être:

—Au revoir!... Pourquoi? Tu sors?... Tu ne déjeunes pas ici!...

Charlie riposta, balbutia entre deux baisers:

—Non, voyons! Je déjeune chez... Je déjeune à Neuilly, tu sais bien!