—Ça va!... Ça va! fit-il.

Et ils rentrèrent dans le salon, s'installèrent au piano, se mirent à jouer un alerte concerto de Grieg.

Le morceau fini, ils décidèrent d'en jouer un autre, une symphonie de Beethoven, la Symphonie pastorale.

Favierres, courbé en deux, cherchait le recueil dans un casier placé à droite du piano, tandis que Charlie, les yeux vers le plafond, parcourait le clavier de nonchalants arpèges.

—Dis donc! s'écria soudain Favierres, toujours courbé, la tête toujours cachée... Dis donc, à propos!... Et hier, vous êtes bien rentrés?...

—Oui, oui, très bien! fit Charlie sans interrompre ses arpèges.

Il sentait son cœur s'affoler en sauts désordonnés et comme un étouffement aigu pointer dans sa poitrine. Le combat, l'assaut, commençait. Favierres attaquait. Ce serait pour maintenant, pour tout à l'heure, pour tout de suite!

Le maître se relevait et, feuilletant la partition, il reprit d'un ton négligent:

—C'était assez curieux cette rencontre, n'est-ce pas? assez inattendu...

Charlie, comme s'il n'entendait pas, exécutait d'une main les premières mesures de sa partie, le visage obstinément penché vers la musique.