J.-L.-R.,—on nommait ainsi le jeune Luggatt, dans la bande, pour abréger censément,—J.-L.-R. attendait avec patience son tour de saluer.
—Allô, J.-L.-R.! fit d'un accent camarade Antoinette, en s'approchant de lui... Allô, nous avons donc été souffrant?
Luggatt s'inclinait, lui baisait la main respectueusement; puis se redressant, il la fixa d'un œil de défi et il commanda:
—Dites le coq, le coq, et pas le poule!...
Warner exécutait l'ordre en souriant.
—Nô, nô, répétait Luggatt... Dites coq, le coq, et pas le poule!...
Et comme Warner, complaisamment encore, cédait à ses exigences, il commença, parmi des éclats de rire stridents, à expliquer son énigme, sa «scie», recueillie dans il ne se souvenait plus quel bar,—à expliquer comment on devait, après le mot «coq», se garder de prononcer le mot «poule».
On s'attroupait autour d'eux. Il lança à chaque convive son impérieux défi de dire «le coq, le coq et pas le poule». Personne ne devinait. Et alors J.-L.-R. reprenait abondamment ses explications.
—C'est stupide!... s'exclama d'un ton bourru le baron Marroy, que les plaisanteries d'outre-Manche agaçaient... Non, moi je trouve ça idiot...
Le timbre de l'hôtel retentit de nouveau. M. de Neulise faisait son entrée, s'excusait de son retard. Il avait été retenu au quartier, avait même failli manquer le train. Warner le présenta. C'était un grand gaillard à dents larges et blanches, avec un teint cuivré de soldat d'Afrique, un nez fin, aquilin, une rêche moustache noire; et son frac le pinçait aux hanches comme une tunique.