J.-L.-R. intervenait, fournissait des renseignements clandestins qu'au bar on lui avait donnés. La conversation, progressivement, reprit, redevint bruyante, confuse, et le dîner se termina en un gai brouhaha, une rumeur anonyme et joviale de causeries particulières.
Dans le hall-vestibule, tout verdoyant de plantes et de palmes, où l'on s'était rendu pour le café, Lahonce s'arrêtait devant chacun des Messieurs, leur tendant, à choisir, deux boîtes: l'une de cigarettes et l'autre de cigares. Il souriait, plaisantait, tapait sur les épaules, s'efforçait comme à rassurer les convives au sujet des suites de sa blessure,—à leur prouver par son entrain, sa bonne humeur, que ce ne serait rien, que c'était passé déjà.
Mais, la tournée achevée, il s'approcha de Warner, occupée avec Loulou Sonnier à servir le café, et lorsqu'elle fut seule il murmura, en feignant de ranger ses boîtes, de chercher des allumettes, de s'appliquer à toutes sortes de menues besognes superflues:
—Tu as entendu ce qu'a raconté Vaumoise?... Hein?... Ce petit coquin de Charlie!... Qu'est-ce que tu dis de cela?
Warner répliqua tout bas:
—Mon Dieu!... C'est étonnant!... C'est très ennuyeux!...
Lahonce poursuivit de même:
—Dis que c'est ignoble!... Du reste, il faut que j'en aie le cœur net, tout de suite... Tu vas me garder ces raseurs et moi je vais rentrer... Je veux lui parler, et raide, à ce mauvais clampin!
Warner, sans élever la voix, protesta: