—Papa! murmura-t-il timidement, de sa place. Papa!
Lahonce, les mains au visage, continuait à sangloter.
Charlie s'approcha, lui appuya la main sur le bras, en susurrant d'un ton câlin, ému:
—Voyons, papa!... Voyons!...
Lahonce, les mains toujours au visage, se dégageait d'un tour d'épaule:
—Papa?... Laisse-moi donc tranquille! fit-il d'une voix hoquetante de pleurs... Papa? Mais tu ne sais seulement pas ce que c'est qu'un père!... Tu n'en as pas idée!...
La porte de la chambre s'ouvrait. Tous deux tournèrent la tête et, sur le seuil, ils virent surgir la haute stature de M. Brodin. Venait-il en conciliateur ou en observateur uniquement? Lui-même, sans doute, l'ignorait. Mais avec sa scintillante barbe blanche, sa longue robe de chambre bleu marin serrée d'une grosse cordelière, ses pieds nus en des sandales jaunes, il avait une silhouette de pacificateur, l'air d'un respectable vieux moine de quelque ordre inconnu, accouru au tapage pour prêcher la concorde.
Il questionna en déposant son bougeoir sur la table du milieu:
—Pierre... mon ami... Que se passe-t-il? Que signifie ce bruit?... Vous m'avez réveillé... Pas moyen de dormir avec ces cris...
Lahonce s'avançait vers lui, les joues encore zébrées de la jugulaire des larmes: