—Ah! les c...ochons!... Ah! lll...es... mmm...isérables!... Ah! lll...es... ccc...ochons!
Et à chaque mot prononcé, vaincu, à chacun de ces mots qui, sans désigner nul coupable, les marquait tous en bloc d'une commune flétrissure, son cou, ses joues, ses lèvres tremblaient comme après la secousse d'une prodigieuse poussée. Charlie accolé au mur, en un involontaire retrait d'horreur, regardait Fornereau s'avancer dans l'intervalle des lits, se pencher vers le malade.
—Lahonce, articula nettement le docteur, Lahonce, votre fils est là... Voulez-vous le voir?
—Mon ff...ils? gémit Lahonce... Où?... Où est mon fff...ils?
Fornereau, d'un clignement, appelait le jeune homme.
—Où?... Où?... questionna Lahonce en essayant de se retourner, en s'appuyant sur sa main droite, sur son bras droit replié.
Charlie s'approchait et saisissant la main gauche de son père qui gisait aplatie le long des draps, il la porta à ses lèvres.
—Ah! c'est toi Chhh...arlie! fit sourdement Lahonce, toujours à demi retourné, supportant de son coude droit l'autre portion pétrifiée de son corps, l'autre partie déjà morte de lui-même... Tu vvv...ois, je suis ttt...rès mmm...alade, mon ggg...arçon!
Il le fixait de son œil droit, un œil larmoyant, rouge et avide de borgne, de bête blessée,—car sur le gauche, la paupière pendait molle comme un petit rideau noirâtre aux ressorts brisés. Charlie répliqua en tapotant tendrement la main de son père entre les siennes: