Lahonce riposta d'un ton maussade:

—Je suis très contrarié que vous soyez venu, je ne vous le cache pas, très contrarié... Il se passe que j'ai surpris une lettre d'Hélène. Il se passe qu'Hélène a... qu'Hélène est la...

Il ne pouvait achever. Ces mots d'«amant», de «maîtresse» l'étranglaient au passage, l'étouffaient de leur grosseur insolite. M. Brodin, complaisamment, vint à son secours, lui fournit les expressions, comme un docteur bonhomme à un malade trop timide.

—Voyons... Est-ce qu'Hélène aurait un amant?... Est-ce qu'elle serait la maîtresse...

Lahonce s'exclama avec stupéfaction:

—Vous le savez!... Comment le savez-vous?... D'où le savez-vous?...

M. Brodin rompit prudemment de quelques mots:

—Je ne sais pas!... Non, je ne sais rien!... Mais je suppose!... Je fais erreur peut-être!... Je vous disais cela...

Lahonce déclara:

—Eh bien, non!... Vous ne faites pas erreur... Vous êtes, hélas! dans le vrai... Hélène a un amant... Et cet amant, c'est Favierres...