Favierres, dans un accès d'enthousiasme gamin, s'était mis à courir autour de la chambre, comme d'un pas de tarentelle, brandissant au-dessus de sa tête, à la façon d'un tambour de basque, la lettre de congé, la lettre de tendresse, de liberté certaine.
Il s'arrêta, suffoqué, essoufflé, devant la glace de la cheminée, s'y aperçut les joues roses de plaisir, les yeux brillants, toute la physionomie souriante, depuis l'angle des lèvres jusqu'au coin plissé des paupières.
«Ah! cela me va mieux que l'attente!... Ouf!... Et je la reverrai, je vais la revoir! Dans quatre jours, je la reverrai!...»
Puis immédiatement, il sonna pour réclamer sa note, annoncer son départ.
«Oh! ils vont en faire une tête... Ils n'y comprendront plus rien!»
Il lui paraissait déjà entendre la voix fatiguée de Mary, se faisant répéter la nouvelle, demandant si véritablement le gentleman s'en allait. Un peu qu'il s'en allait, le gentleman, et bien vite encore, par le premier train en partance, à six heures du soir tapant!
Et il finit la journée gaiement, à ranger ses effets, à refaire sa malle, fumant, sifflant, chantonnant, oubliant toutes ses peines et presque son amour; dans une exubérance grossière de forçat libéré.
A cinq heures et demie, on vint prendre ses bagages.
Il descendit, l'air agressif et assuré, suivi de Mary et du maître d'hôtel qui chuchotaient en arrière.
Au bas de l'escalier, le patron de Kempton's-Hotel se tenait, dans le couloir d'entrée, auprès d'un Monsieur à barbe jaune et à redingote noire, avec qui il feignait de causer d'un ton intime et très cordial.