Favierres avait deviné la supplication que cachait cet ordre courtois.

Il laissa aller la main de Mme Lahonce, embrassa Charlie qui, derechef, le béret retiré, lui tendait ses joues à baiser. Puis, après un dernier salut cordial, il tourna à gauche, dans la rue de Courcelles, pendant que Mme Lahonce tournait à droite.

Elle précipitait l'allure maintenant, un peu inquiète de s'être attardée, d'avoir des explications à fournir.

Mais, tout en se hâtant, elle rassemblait ses arguments, organisait un plan de récit embrouillé, pour le cas peu probable où son mari lui demanderait des détails sur cette promenade prolongée; et quand elle parvint près de chez elle, rue de Lisbonne, elle était armée, prête à la défense, munie de tous les mensonges nécessaires.

Dans l'escalier seulement, elle avertit Charlie qu'elle ne dirait pas à M. Lahonce que Favierres l'avait accompagnée si loin, si longtemps:

—Cela pourrait contrarier ton père, chéri... C'est inutile... Je lui dirai simplement que nous avons rencontré Fav. Tu m'entends, mon chéri?

Charlie répondit à voix basse, d'un air grave, d'un air comiquement soucieux:

—Bien, maman!

II