—Mon Dieu oui! Pourquoi pas? répliqua Mme Lahonce. Nous restons à la maison, car mes parents viennent... Je n'aurai qu'à annoncer votre visite, et on sera très content de vous avoir pour finir la soirée... C'est entendu?

Favierres s'était arrêté et, de nouveau, la pénétrait de son regard tenace et tendre, comme au premier instant de la rencontre, là-bas, tout à l'heure, dans les Champs-Elysées.

—Entendu! Cela me diminuera la longueur de la journée, l'idée de vous voir ce soir... Est-ce triste tout de même que nous soyons contraints de nous quitter ainsi, de retourner, vous à votre mari, moi à ma femme!... Est-ce décourageant, est-ce révoltant, ma chérie!

Mme Lahonce poussa un soupir, le visage soudain assombri, tout sévère de douleur:

—Oh! je vous en prie, mon ami, ne me dites pas cela!... Que voulez-vous?... Vous savez bien à quel point cela me torture... Vous savez bien que je ne puis être à vous plus que je ne suis...

Et comme Charlie se rapprochait en sautillant, elle se domina, se raidit à faire monter à ses lèvres un sourire enjoué et mondain:

—Au revoir monsieur... A ce soir, n'est-ce pas?...

—A ce soir, Madame! Certainement!...

Il serrait ardemment la main de Mme Lahonce, ne pouvait se résoudre à l'abandonner. Alors la jeune femme, aussi faible que lui, n'ayant pas le courage de s'arracher d'elle-même à cette étreinte, murmura doucement:

—Charlie, dis au revoir à ton ami!...