—Ce que j'ai? Ce que j'ai? Mais c'est bien simple ... Je ne l'aime pas!... Voilà ce que j'ai!...

Il l'avait dit tout haut, comme pour en faire une chose accomplie, indéniable—il l'avait proféré à pleine voix ce constat d'indifférence, cet aveu décisif qu'il se réitérait chaque jour tout bas, depuis deux mois, sans vouloir l'écouter, sans accepter d'y croire.

Puis, prenant acte de sa déclaration, rapidement il ajouta:

«Non, je ne l'aime pas ... et, par conséquent, je n'ai plus qu'à la quitter!...»

Aussitôt, il vit la scène d'adieux, Lucie en larmes, plus tard sa propre solitude, la course aux maîtresses, à l'amour, une multitude de tracas proches ou lointains, et il se sentit ému, faible, moins courageux à rompre.

«Pauvre gosse!... Assurément, je ne l'aime pas comme j'aimais l'autre ... Néanmoins, j'ai de l'affection pour elle ... une affection véritable ... Alors l'affliger par une rupture brutale?... Non!... Cela ne presse pas!... On peut attendre ...»

Il alla le lendemain au rendez-vous et fut si affable, si expansif, que Mme Lozières en manifesta de l'étonnement.

—Comme vous êtes gentil, aujourd'hui!... Qu'avez-vous, mon chéri?

Il retint un sourire: