—Dites-moi ... Vous ne voulez pas me confier son nom?
—Pourquoi? A quoi cela servirait-il?
—Pourquoi?... En effet, vous avez raison ... Du moment que vous ne quittez pas cette femme après tout ce que vous m'en contez, c'est que sans doute vous êtes incapable de la quitter ...
Mareuil eut une moue d'assentiment.
—Donc ce qu'on vous apprendra sur elle ou rien, cela ne vous changera guère ... Et puis, n'est-ce pas, entre nous, je crois que vous pouvez vous considérer comme trompé ... Oh! je n'en suis pas sûr, évidemment, mais enfin cela m'en a l'air; j'aime mieux vous le dire ... Alors, dans ces conditions, vous réclamer son nom ...
—Et qu'en feriez-vous?
—Est-ce que je sais?... Je m'informerais, je tâcherais de lever des renseignements qui vous permettent de prendre une résolution ... Car cela m'ennuie, moi, de vous voir si désolé ... Voyons, vous ne voulez pas?
Mareuil réfléchissait, confondu de se sentir si faible devant la tentation, si démuni soudain de ces infaillibles forces de mutisme ou de mensonge, qui sont, en amour, comme la garde impériale de certains mots, de certains noms—si près enfin de dénoncer comme une ennemie celle qu'il aimait par dessus tout;—et il se défendait, appelait à l'aide ses scrupules:
—Non, non, je ne peux pas ... Je n'ai pas le droit!...