Mareuil demeurait silencieux, paralysé, incapable de se justifier, de s'innocenter, à moins de livrer son secret insultant, de proclamer son épuisement, à moins de dévoiler à Lucie qu'elle n'avait pas eu de lui une journée, une minute de réel amour.

Enfin, pour dévier, il proposa:

—Si vous le désirez ... je vous écrirai ... je vous écrirai chaque semaine ... plusieurs fois par semaine ... Voulez-vous?

Elle se releva:

—Non, je vous remercie ... Pas en ce moment!... Plus tard!... Je vous écrirai, moi ... Et vous me répondrez, n'est-ce pas?

—Certainement ... Tout ce que vous voudrez!

Il l'étreignait en balbutiant, malgré lui et d'un ton ému, des paroles de congé, des paroles d'expulsion douce—comme par crainte que Lucie ne cédât à ses instances, qu'elle ne remît en question cette rupture inéluctable, cette rupture en retard d'un an.

—Adieu, ma petite amie,—puisque vous l'exigez!... Je vous regretterai bien ... Mais peut-être que vous avez raison!... Peut-être que je n'étais pas digne de vous!...

Sur le palier, Mme Lozières se retourna encore, puis d'une voix un peu rauque:

—Adieu!... Adieu!...