Cependant, au bout d'une semaine, Mareuil commença à se fatiguer de cette existence unie et solitaire. Une envie le taquinait de s'en aller, d'aller ailleurs, dans un endroit différent où peut-être il réfléchirait à autre chose qu'à lui-même, qu'à sa pénible infirmité, où il tenterait de se mêler à la foule des gens qui se distraient machinalement, sans penser.
Et comme, un mardi, au moment du café, Labernerie annonçait, pour le lendemain, son voyage sanitaire à Paris, il déclara:
—Eh bien! je vous accompagnerai!... Je m'en irai avec vous!
Brévannes se récria:
—Déjà?... Ah! vous n'êtes pas campagnard!... Vous vous ennuyez donc?... Alors, travaillez, dessinez!... Faites-nous le portrait de la Loire, du jardin, d'Angèle ... Ce ne sont fichtre pas les modèles qui manquent!...
Mareuil répondit:
—Non, je ne m'ennuie pas ... Ce n'est nullement par ennui que je m'en vais ... J'ai reçu ce matin de ma mère une lettre qui me prie de venir la rejoindre à Dieppe, où elle va passer une huitaine, et je ne veux pas lui refuser ... Voilà!
—Et on ne vous reverra pas? questionna Charleval.
—Mais si ... mais si ... J'ai l'intention de revenir en septembre pour la chasse, si vous m'acceptez!