—Pour changer!—fit M. Lecherrier.

—Oh! je t'en prie, papa, grâce des commentaires! Ou je n'en sortirai jamais... Donc, scène terrible. Nous nous sommes dit, de part et d'autre, des choses atroces, irréparables... Et, finalement, nous avons décidé de divorcer...

—Ce n'est pas la première fois!—objecta M. Lecherrier.

—Peut-être, mais ce sera la bonne... Et, du reste, pour ne pas revenir sur notre décision, il a été convenu que ça se ferait aujourd'hui même...

—Quoi? qu'est-ce qui se fera?

—Mais notre rupture, l'incident qui pour les tribunaux et le public la justifiera... Tout à l'heure, à midi, quand je rentrerai, il y aura la chaîne de sûreté à la porte... Et Jacques me refusera, comme on dit, l'accès du domicile conjugal... Nous avons même pris soin de nous munir de deux témoins: le tapissier sera là dans l'antichambre, avec un ouvrier, à réparer le store dont justement les cordons ne marchent plus depuis trois jours... Jacques a accepté cette combinaison qui nous dispensera, dans le procès, de nous traîner réciproquement dans la boue...

—Ah çà! vous devenez fous!—s'écria M. Lecherrier, qui commençait à s'agiter.—Vous croyez que vous trouverez des juges pour donner dans ces balivernes?

—Parfaitement! D'abord, pourvu qu'on ait bien envie de divorcer, les juges n'y regardent pas de si près... Et puis, devant une expulsion en due forme, ils n'auront pas le choix... Aubineau, notre avoué, que j'ai consulté autrefois sans avoir l'air, est formel là-dessus.

—Admettons... Mais Gégé?