Passer la nuit chez son grand-père, avec sa mère comme voisine à la place d'Annette, Gégé n'avait jamais rêvé pareille fête. Il sauta au cou de M. Lecherrier.
—Oh! veine!... Merci, grand-papa! Chic et veine!
Un bruit de sanglots lui fit retourner la tête, et il vit sa mère qui pleurait, un mouchoir plaqué aux yeux.
Alors, sentant l'inconvenance de son enthousiasme, il s'élança vers Mme Taillard, grimpa sur ses genoux, se blottit contre elle. Mais plus il l'embrassait, plus elle pleurait fort. Que faire? Lui aussi, par sympathie, aurait bien voulu pleurer. Seulement, il avait beau presser ses paupières, se contracter le thorax, rien ne venait. Enfin, sous une poussée plus énergique, deux petites larmes daignèrent paraître. Gégé les égoutta sur la nuque de sa mère avec un peu d'ostentation.
—Ne pleure pas, mon amour!—murmura Mme Taillard en l'écartant doucement.—Tu verras, nous t'aimerons bien... Moi, si je pleure, ce sont les nerfs.
Et M. Lecherrier intervenant:
—Allons, Gégé... Tu as été très sage... Maintenant, je suis à tes ordres... Va dans le salon chercher le jeu de dames.
—Est-ce que tu sais l'heure?—objecta Lucie.
—Bah! il en sera quitte pour faire demain grasse matinée. Tu l'excuseras à la pension.