—Je ne dis pas,—accorda Ribermont,—je ne dis pas!... C'est très embêtant... Mais ce n'est pas un grand malheur!

Roger, vexé, riposta:

—Alors qu'est-ce que tu appelles un grand malheur?

—Je ne sais pas... Si tes parents mouraient... ou si ils étaient ruinés... ou si tu te cassais quelque chose...

—Eh bien, merci!—se récria Gégé, suffoqué à l'énumération de tant de catastrophes.—Enfin, moi, je te dis que c'est un grand malheur... Du reste, mon grand-père me l'a dit, et il s'y connaît un peu mieux que toi!...

Ribermont haussa les épaules et maintint:

—Peut-être qu'il s'y connaît mieux que moi... Mais ça n'est pas un grand malheur!

Devant une telle obstination, toute controverse devenait impossible. Gégé s'éloigna froidement. Quelle journée! Jusqu'à son vieux Pierre qui le lâchait et refusait de compatir! De dégoût, après déjeuner, au Bois, il bouda pendant toute la partie de foot-ball et resta assis sur un banc près du maître d'études, en prétextant une crampe à la cuisse.

Au retour, la classe de calcul n'atténua pas sa mélancolie, et quand, sur les quatre heures et demie, l'institution Beaujoint, au complet, s'achemina vers le gymnase Capdemas, le cœur de Gégé restait aussi morne et désemparé.